CR : Endu’Rance Trail des Corsaire 2018

De nouveau en relais

Après une première expérience concluante lors du marathon relais de Rennes il me tardait de réitérer ce type d'expérience. De nouveau embrigadé par Joboon, me voilà donc lancé dans le projet ERTC 2018. Hors de question pour moi de le faire en duo, l'objectif marathon de Paris est clairement prioritaire. Nous voilà donc inscrit sur la course d'équipe, avec Joboon, Jordan et JéJé comme titulaire. Dans un moment d'égarement, coach Coudix nous surnommera "Binbin et ses 3J", banco le nom d'équipe est trouvé. Finalement, Jordan devra se retirer sur avis médical. Antho Alias Jean-Tony pour l'occasion (ben oui comment on fait les 3J sinon) le remplacera au pied levé et en pleine forme !

5h00, c'est l'heure...

On m'a souvent dit que j'étais fou d'enchaîner toutes ses courses. Je vous avoue que quand j'ai réglé le réveil à 2h45 ce vendredi soir, j'ai cru que j'étais devenu un peu fada... mais pour un début de course à 5h00 et à 1h de route il n'y avait pas beaucoup d'autres options. Heureusement Joboon qui assurait le deuxième relais ne m'a pas abandonné et m'a accompagné sur la ligne de départ. C'était son idée après tout ! J'ai bizarrement eu beaucoup moins de mal à me lever qu'il y a deux semaines pour le glazig. En revanche les -6 annoncé m'ont quelques peu fait baliser. Mais comment on s'habille dans ce cas-là ?!? Collant, jogging, pantalon pluie, parka, cagoule, je n'en sais foutre rien, putain ! Finalement, j'ai opté pour le double collant, 3 couches en haut, dont ma veste Salomon Bonatti, un cache cou, un cache oreille et les gants juste obligatoires dans ses conditions frigorifiques. Options plutôt payante pour moi, ni trop froid, ni trop froid. Je peux désormais cocher une nouvelle case dans ma préparation mentale pour la Saintélyon.

Le sillon de nuit

Un départ sous les fumigènes Malouins du plus bel effet, tout comme les applaudissements de supporters venu plutôt nombreux vu les conditions difficiles. Le sillon de nuit me rappelle mes années étudiantes, à cette heure-ci et à cet endroit je n'étais clairement pas apte à courir, comme quoi les temps changent. Revenons en a nos moutons, le départ étant commun à toutes les courses, il ne faut pas que je me cale sur un faux rythme. Pour une fois je décide donc de partir vite et d'attendre l'explosion, sans doute dès la première montée. Je profite de la largeur du sillon pour me placer dans le haut du peloton. Ça me perturbe quelque peu, je n'y suis pas habitué. Après quatre kilomètres et la traversée de saint Malo intra-muros, je dois me trouver aux alentours de la 50eme place toutes courses confondues. Même pas vingt minutes d'écoulée et le peloton s'est déjà grandement étendu, je rentre dans un groupe de quatre qui me semble sur un bon rythme. Je regarde la couleur des dossards, ils sont tous sur l'ultra et ça continue d'envoyer. Alors certes, cette première partie est asphaltée et pas trop compliquée, mais boucler les huit premiers kilos en 40 minutes alors qu'ils leurs en restent 99, ils sont tarés ça me plaît ! Je décide d'essayer de rester dans leur sillage.

L'entrée dans les sentiers

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas sortie la frontale du fond de son sac. Alors, quand nous quittons la route pour rentrer dans les petits sentiers breton, les repères sont difficiles. Je perds mes compagnons d'aventure lors de la première montée, ils sont clairement au-dessus. Mon rythme reste bon malgré tout et je reprends quelques trailers qui accusent déjà le coup dans la montée vers la passagère (13k). Je n'ai pas pris le temps de regarder leurs dossards mais j'espère qu'ils étaient sur le relais... J'y croise Joboon avec un bon 15 minutes d'avance sur les temps de passage prévus ! Je lui dis d'enfiler sa tenu de combat pour 7h15 et file s'en même m'arrêter au ravito. Je me fais de nouveaux copains au moment d'attaquer les sept kilomètres suivants. Le leader du groupe connait parfaitement la portion et donne de nombreuses indications qui nous permettent de ne pas trainer en route. Mais visiblement le 11km/h maintenus sur le sentier, n'est pas suffisant et un de nos compagnons, aligné lui sur le 107, s'envole. Nous ne sommes plus que trois, deux sur le relais et un sur l'ultra.

Fin de mon relais

Le relayeur lâchera sur la fin de cette portion de GR. Nous rejoignons la route et j'échange un peu avec le trailer qui m'accompagne. Il a fait les reco et m'informe qu'il ne reste plus que du bitume jusqu'au ravitaillement signifiant la fin de mon relais. Je le trouve drôlement serein alors que nous traçons notre chemin a cinq minute au kilo. Il me reste quatre kilomètres et je lui mène le train volontiers, cela me permet de tester si les jambes répondent toujours après 20k. Pas de douleurs particulières et j'arrive à soutenir mon allure marathon. 7h14, je retrouve Jobbon pour clôturer mon relais avec la sensation du travail bien fait. Je suis en 22ème position et j'aurais difficilement pu faire mieux. Il est désormais temps pour moi de rentrer dans la peau de Jean-Michel Faure-Vincent et de suivre la team 3J. C'est nouveau pour moi, mais je sens que ça va me plaire. On n'a pas les mêmes chronos mais on a la même passion !

Relais 2 : Mon François

Le plus long avec le plus de D+, c'était le relais parfait pour mon Joboon. De quoi suffisamment le motiver pour s'inscrire à la 6000d. Quand tu passeras par là tu n'auras qu'à cliquer pour t'inscrire. Enfin bref, je m'éparpille, je ne suis pas aussi carré que Jean-Michel, mes athlètes vont m'en vouloir ! Je récupère la voiture, enfile des vêtements chauds, mes Salomon et file à Pleudihen au kilomètre 11 du relais 2. Il est encore frais comme un gardon et n'a besoin de rien pour le moment. J'en profite pour remonter dans la voiture réchauffer mes orteils et profiter de la vu splendide sur la rance au point suivant. A son arrivée, je parcours les 500m nous séparant du ravito à ses côtés. Le temps de m'informer de ses sensations et de le délester de la frontale devenue inutile. C'est roulant et magnifique mais nous sommes en train d'exploser nos prévisions les plus optimistes. Les 2 finishers sont encore à Rennes, il va falloir que je gère à distance le transport jusqu'au point de départ. A priori ma première expérience de Jean-Michel était trop simple...

Course poursuite pour finir en beauté

A 9h15, je commence à accuser un peu de fatigue et patiente au km 21 pour encourager mon poulain. J'avoue qu'un café me ferait le plus grand bien, mais le manque d'expérience de suiveur, ne m'a pas permis de prévoir le thermos. Jo pointe le bout de son nez et accuse le coup de cette portion un peu plus technique. Nous avons toujours une demi-heure d'avance sur les prévisions et les quelques mots échangé me décide à le retrouver au km 27 pour les derniers encouragements avant de rejoindre Dinan. Arrivé sur place et au vu de la montée qui l'attend, je décide de descendre sur les bords de rance. J'en profite pour repérer les trailers qui le précèdent, cela pourra m'être utile afin d'estimer son arrivée au prochain relais. Je n'aurais pas à patienter longtemps avant d'attaquer ensemble cette petite grimpette. La course poursuite est lancée, je me dépêche de retrouver Jé et Jean-To à 500m du prochain ravito. A peine le temps de me garer que je repère quelques trailers qui précèdent notre favori. Hop hop les gars, on se bouge il faut rejoindre la zone de ravito. No-Stress on est à 500m ! Dans les faits, c'était à vol d'oiseau et devons presser le pas, car nous sommes plutôt à un bon 1500m du ravitaillement. Et alors que nous nous activons, la silhouhette de Joboon apparaît à une centaine de mètres. 

Relais 3 : Mon Michel

Nous remportons le sprint avec facilité  ! Jé a au moins 20 secondes pour se changer... heureusement que le sprint était là pour s'échauffer. Un pit stop pas franchement réussi, les pneus ne sont pas changés et le camelback enfilé rapidement. J'espère que le départ en chaussure de route n'est pas l'erreur de trop pour le Jean-Mi néophyte que je suis. Nous sommes désormais 31ème au classement équipe alors que nous amorçons la remontée vers Saint-Malo. Nous profitons de ce passage à Dinan pour nous restaurer rapidement avant de retourner sur le parcours. Nous trouvons le poste idéal au niveau du port Saint-Hubert pour retrouver notre champion. Il fait beau, il fait froid, la vue est magnifique, mais surtout nous pourrons l'encourager des deux côtés de la rue. Nous apercevons rapidement Jé qui nous indique qu'il n'arrive pas à boire dans son camel. Je suis certain que si çela avait été la bière il aurait trouvé la solution ! L'emplacement devient stratégique nous avons cinq minutes pour lui préparer un nouveau sac d'hydratation avec softflask. Un ravitaillement sauvage réalisé a six kilomètres de la fin du relais. 

Relais 4 : Mon Thibaut

Nous patienterons une bonne quinzaine de minutes au relais de Langrolay. Jean-Tony est chaud bouillant dans les starting block et attend avec impatience de prendre son départ. Le job est fait, notre Michel n'aura pas perdu de place, toujours 31ème à l'entame du relais final. Nous réalisons une belle transition en carton avec un changement de sac, la mise en place des gourdes, gels ou téléphone portable. Nous prenons cinq bonnes minutes quand les équipes nous devançant s'en sortent en à peine deux minutes. La flèche est partie, il va falloir trouver l'emplacement idoine pour avoir une chance de la voir passer. Direction la Richardais dans un petit coin de paradis, où nous pourrons l'apercevoir en deux points. Et c'est sous les viva de la foule que nous le verrons déposer de nombreux trailers dans la petite cotelette du 100ème kilomètre.

Finir en équipe 

Il est désormais tant pour notre petite équipe de se retrouver sur le sillon pour un final commun. Alors que certaines équipes arborent les couleurs de leur club et tout fringant dans leurs belles tenues, nous faisons clairement office de touriste. Jean, basket, Jean-Tony Junior ou autre Jordan le blessé a attendre tranquillement l'apparition de notre champion. Le regroupement durera 300m avant d'exploser. Les jeans ne sont apparemment pas fait pour courir et Junior est devenu tout rouge. J'accompagnerais Jean-Tony jusqu'à la ligne que nous franchirons ensemble en 10h37 et 27ème position. Nous sommes grandement en avance sur nos prévisions les plus optimistes et il ne nous reste plus qu'à profiter du ravitaillement gargantuesque proposé à l'arrivée. J'en profite pour remercier tous les bénévoles et l'organisation qui a été au top tout au long de cette journée malgré le froid polaire. Si vous avez l'occasion je vous recommande cette course sans la moindre hésitation.

Jean-Michel si tu n'as pas besoin de conseil tu peux me contacter 🙂 

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Auteur de l’article : Diabolo

Traileur amateur et triathlète en mousse je partage volontiers mes exploits en carton avec vous. Grand amateur des nouvelles technologies, je prends plaisir à mettre à jour PixelTriahtlon autant que je peux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *