CR : 6000D 2018

6000d entete

Place à la montagne

Après avoir délaissé les chemins escarpés, pour le marathon de Paris, me voici de retour. La 6000d, une course mythique, qui pouvait me faire dépasser plusieurs barrières que je n'avais pas encore franchies.

  • La 6000d et ses 65 kilomètres, 10k de plus que la distance maximale déjà parcourue lors du trail de l'aber wrac'h 2017.
  • La 6000d et ses 3500 de D+ et D-, 1000m de plus que le dénivelé maximum gravie lors des templiers 2017.
  • La 6000d et son passage au glacier, au-dessus des 3000, une première pour moi, résidant des plaines bretonnes.

Même si la préparation a été bonne, le manque de sortie longue, me fait attaquer ce nouveau défi avec de nombreuses incertitudes.

Direction la plagne

Jeudi, à deux jours de l’événement, il est temps de prendre la route en direction des montagnes. Un départ à 17h de la maison avec Jordan et Oliv' pour rejoindre le reste de la team JLO partis dans la matinée. La route s'annonce longue, mais nous devrions éviter les bouchons et la chaleur, c'est déjà pas mal. Coach Oliv' en profite pour nous partager son expérience et nous prodiguer quelques conseils. J'ai retenu que "la bière ça ne compte pas tu peux en boire" comme quoi, chacun ne retient que ce qu'il a envie. De toute façon maintenant, il n'y a plus le choix on y est. Nous arrivons sur place à 3h pour une petite nuit de sommeil, avant de profiter du vendrediNous nous dirigeons tranquillement vers le "petit" village expo pour récupérer tous nos dossards. Au passage, je suis surpris de sa taille, en comparaison des templiers, mais c'est tout aussi sympa. La journée se terminera par la sieste devant le TDF car demain c'est compet'

6h, départ de la course des géants

Arrivé sur place avec Antho et Jordan, nous sommes proches de la disqualification avant même le départ. Merci à la petite dame qui nous informe qu'il faut bipper le dossard avant l'entrée dans le SAS. Nous patientons tranquillement avant que la pluie ne s'invite cinq minutes avant le départ. Antho s'improvise en Mr Météo et l'expérience vécue sur les foulées du tram me font enfiler la veste de pluie. 6h00, Five Hour de Deorro résonne et les fumigènes scintillent, le départ est donné ! On m'avait annoncé un départ rapide sur route avant de rejoindre les sentiers. Je ne suis pas déçu, ça fuse, les trois premiers kilos sont avalés en 15 minutes, la pluie a cessé, ma veste fait sauna. Nous sortons de la route, nous tombons les vestes et commençons l'ascension avec Antho, Jordan ayant déjà pris la poudre d'escampette. Je m'attendais à un single et avais peur des bouchons. Finalement, le chemin emprunté est suffisamment large, pour limiter les bouchons, alors que de nombreux coureurs préfèrent continuer à courir, je sors direct les bâtons et passe en marche active. Hors de question de me cramer dès la première difficulté.

Direction La piste de Bob

Malgré des passages à plus de 20%, la première ascension n'est pas très compliqué. Les jambes sont encore fraîche donc pas de soucis de ce côté. Cependant, sous les arbres et sur la piste en terre, l'air est difficilement respirable. Si ça ne suffisait pas, le gatosport a du mal à trouver sa place. Je repense déjà au calvaire vécu pendant 40k aux templiers. Je reste positif comme le D+ et dans les pieds d'Antho afin de conserver le rythme. Peu avant Montalbert, nous sortons enfin la tête de la forêt. L'air redevient respirable, je me sens mieux, mais je ne serais pas contre une pause caca. Nous traversons le village sous les viva de la foule, l'ambiance est super sympa. Pause technique qui nous font perdre de nombreuses places mais je vais un peu mieux. 10km et 1h30, ça ne casse pas 3 pattes à un canard mais nous gérons tranquillement notre début de course. Et là en direction de la piste de bobsleigh, un ovni ! Un trailleur en jean, chemise et veste en jean nous dépose. Un peu honteux il faut l'admettre, nous accélérons un peu le rythme sans le reprendre. Entrée de la piste bob, et top position, ce n'est pas un bob Jamaïcain en tête, mais un camerounais. Jordan quand à lui frappe aux portes du top 200. Je suis surpris du peu d'inclinaison d'une piste de bob, comme dirait l'autre ça se court. Mais restons raisonnable, il reste 52 bornes à tirer. Nous profitons de la belle ambiance mise par le public à l'arrivée pour la photo et repartons vers le premier passage à 2000 avant le ravito.

Vers Plagne centre et son ravito

Un petit regard à l'arrière nous fait comprendre qu'il va falloir presser un peu le pas. Plus grand monde dans la piste de bob. Pas trop envie d'être suivi par les vélos suiveurs. Le soleil est là, nous relançons rapidement sur le replat avant d'entrée dans 4km d'ascension précédant le ravito. Nous montons sur les pistes de ski, le dénivelé est régulier et la largeur permet d'éviter tout bouchon. Le ravito est annoncé à 19k et nos montres indiquent déjà 20k alors que la descente vers Plagne centre s'amorce. Déjà un km de décalage, la course fera plus de 65... Pas de question, dans la descente, on envoi et reprenons enfin l'ovni ! Deuxième pause caca, avant de passer le contrôle. Antho est dépité, on a encore perdu 100 places, mais je me sens enfin bien, on va pouvoir envoyer sur la suite. Effectivement le top position à Plagne centre nous annonce 1305 après 19,7k et 3h29 de course. Il va falloir hausser le rythme si nous voulons voir l'arrivée.

A l'assaut de la roche de mio

Ravito, on rempli les gourdes, je mange les deux quartiers d'orange dont je rêvais depuis 1h, et on repart. Let's go pour six kilomètres d'ascension à plus de 2000 pour atteindre la roche de mio. La pente moyenne est de 10%, je me sens bien, je décide donc de mener l'allure. Première fois de la course où je suis devant Antho. Il a un petit passage à vide, mais il s'accroche. Nous avons la sensation de reprendre pas mal de monde dans cette partie. Nous profitons tout de même des paysages avec la petite pose photo au lac des blanchets. Tout va enfin pour le mieux de mon côté, je reprends confiance. L'arrivée au col est top, de nombreuses personnes sont là pour nous accueillir et nous encourager. Ça booste on se croirait presque dans une ascension du TDF. Au pointage, les sensations sont validées, nous avons repris 140 places sur cette portion. Pas le temps de traînasser, nous attaquons rapidement la descente vers le col de la chiaupe pour enfin gravir le sommet ultime de la course.

Une montée au sommet

Celle-ci est rapidement avalée pour continuer notre remontée fantastique. Je vous rassure tout est relatif le premier est déjà sur le point de franchir la ligne d'arrivée. Alors que nous montons au glacier nous croisons Julien et Jordan qui en redescendent, ils ont encore l'air tout fringuant, ça fait plaisir à voir ! Nous avons 2h30 d'avance sur la barrière, cela devrait largement nous laisser le temps de monter et de redescendre du sommet. La première partie est assez large avec dénivelé accessible, mais au loin nous apercevons le single qui parait tout de suite plus compliqué avec des bouchons qui se forment. Toujours en forme et afin d'éviter les bouchons nous décidons tous les deux d'attaquer la montée dans les pierriers qui longent le chemin. Nous grimpons sur un super rythme, pour notre niveau. Nous venons plutôt facilement a bout des 300 derniers mètres avec une inclinaison de 50%. Nouveau pointage au sommet du glacier et encore une centaine de places de grappiller ! En tant que breton, ce n'est pas tous les jours que nous montons à 3000. Nous profitons rapidement du moment et de la pause photo pour célébrer ça !

 

Vivre l'apocalypse

Est-ce pour nous punir, mais le temps se couvre quand nous repartons. Il fait de plus en plus en froid. Après avoir enfiler mes manchettes, je décide finalement de mettre ma veste. Bien m'en prend, car 1 minute plus tard c'est le début de l'apocalypse inter galactique ! Visibilité réduite à 10 mètres, je ne vois plus Antho mais je l'entends crier "Traîne pas, on sort de là". La grêle se met à tomber, le vent à souffler de plus en plus fort. Je débranche le cerveau, plus qu'une seule envie, sortir de là le plus rapidement possible. Je ne sens plus mes doigts, mes jambes sont en feu. Pas le temps de se poser de question on trace tout droit entre les différents chemins à travers les pierriers et la neige pour sortir du nuage. Le tonnerre se met à gronder et les éclairs tombent tout prêt dans la demi-seconde. Il ne faut vraiment pas traîner et sortir de ce merdier. Je n'aurais jamais été aussi rapide en descente, mes quadris sont détruit, mais je suis sorti. Nous finissons rapidement la descente vers le ravito du col de la chiaupe. Il fait encore froid, de nombreux traileurs frigorifiés abandonnent. Nous ne nous attardons pas maintenant il faut descendre rapidement pour retrouver de la chaleur à plus basse altitude.

La remontée vers l'arpette

La descente est rendue compliqué par l'orage tombé là haut. Les chemins sont désormais détrempés et il est plus facile de courir sur l'herbe en bordure des sentiers. Nous allons bon train et continuons de reprendre des coureurs. En discutant nous nous rendons compte que certains n'ont pas pris le risque de monter au glacier. Choix de la direction de course ou choix personnels, il s'avère que c'était peut-être la meilleure option après notre passage. Seront ils classés à l'arrivée ? Aucune idée, mais nous avançons. Tellement bien qu'Antho finis les quatres fers en l'air sur la route du Chalet du Carroley. Nous franchissons ce point de passage du 40ème kilomètre après 7h48 de course. A l'amorce de la dernière difficulté, le col d'arpette, nous sommes désormais 938 et 939, soit 368 places de reprise sur les 20 derniers bornes. A ce rythme on va finir dans la première moitié ^^ ! Nous attaquons fort dans le col de l'arpette et rattrapons quelques bretons, a croire qu'on est partout. Je suis dans le dur mais je m'accroche et nous franchissons cette dernière montée en 911ème position. Le marathon est passé, plus qu'a descendre ça devrait le faire.

Attraper les barrières horaires

Cependant, c'est à ce moment que mon corps en mousse se rappelle à moi. Après 3350 de D+ et 1600 de D- mon genou tire la gueule. Il m'est très difficile de descendre et chaque impact devient douloureux. Je serre les dents et tente de suivre Antho mais, cela devient très compliqué. Je lui dit de faire sa course que je franchirais les barrières. La descente vers la Plagne bellecote est un long chemin de croix. J'arrive à relancer sur terrain plat, mais dès que la pente s'incline, ça se complique. Je m'accroche pour retrouver les potes de JLO au ravito. Les encouragements d'Anna, Oliv et Thierry, participants de la 6d lacs, font effectivement un bien fou. Je me déleste du matos superflus, exit la poche à eau, exit les crampons, exit les manchons... J'apprends en plus qu'Oliv fait premier V2 sur la 6d Lacs, un breton qui gagne en montagne ce n'est pas tous les jours. Je ne traîne pas, je n'ai plus que 30 minutes d'avance sur la barrière horaire et au rythme ou j'avance, il va falloir serrer les fesses. Rapide calcul, si je tiens du cinq à l'heure je serais dans les temps, j'aurais même un peu d'avance. Je m'accroche et contrôle la montre a chaque bip. Plus les kilomètres passent plus je me vois finisher. Passage au thuile, la dernière BH n'est plus qu'a quatre kilomètres et j'ai 1h15 d'avance, ça va le faire !

 

Finisher de la 6000d

Passage aux coches à deux pas du logement, dans ces conditions j'aurais bien pris une petite bière. Pas le temps il faut rejoindre Montchavin et sa barrière horaire avant de finir en roue libre. Et la libération arrive après 10h55 d'effort et 55km j'arrive à Montchavin.  J'ai 35 minutes d'avance et je sais que je serais finisher. J'ai le sourire, je discute deux minutes avec notre logeuse, (merci à la maman d'Antho B.) et je repart en direction de l'arrivée. Sept kilomètres pour passer de 1200 à 700 à travers les sous bois qui se font tantôt en trottinant, beaucoup plus souvent en marchant, selon l'inclinaison de la pente. Je suis désormais 1193ème mais l'important est ailleurs. J'arrive enfin sur la piste cyclable qui pour moi sera libératrice. J'arrive à recourir, lentement mais recourir quand même ! Je repasse quelques traileurs qui n'ont plus la force de courir. J'entends le speaker, l'arrivée est toute proche. A l'entrée dans Aime l'acclamation des copains qui sont tous arrivés et qui ont déjà tapés la première tournée de binouze me fait chaud au coeur ! Le mental aura été bon, le corps un peu moins mais me voilà Finisher de cette 6000d 2018 en 12h51. J'ai mes 4 points ITRA !

Félicitations à tous les finishers de cette édition. Un peu plus spéciale aux copains avec qui nous avons passé un super week end ! Merci Antho, Jordan, Thierry, Anna, Oliv', Stéphanie et Julien. Merci aussi à la maman d'Antho qui a gentiment découché pour nous laisser son appartement et qui en prime nous a même pris en photo ! Place au repos avant d'attaquer la préparation de la Saintélyon avec un projet off autour de Crozon !

A très vite

Auteur de l’article : Diabolo

Traileur amateur et triathlète en mousse je partage volontiers mes exploits en carton avec vous. Grand amateur des nouvelles technologies, je prends plaisir à mettre à jour PixelTriahtlon autant que je peux.

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